Vous aimez le miel ? Vous ne savez pas où trouver du miel artisanal ? Suivez moi je vous emmène à Aulon. C’est un petit village perché à flanc de l’Arbizon. Il domine toute la vallée verdoyante et abrite la maison de la nature, une bergerie de chèvres angora…et une miellerie.

Gâteaux de noël, pain d’épice, bonbons voilà à quoi je pense quand je sens l’odeur du miel. Loin d’être dans un conte pour enfant où les maisons sont en friandises, je suis allé à la découverte des ruchers de la Vallée d’Aulon. Ce sont des apiculteurs qui s’en occupent. Comment dites-vous ? « Happy –culteur » ! C’est un peu ça. Ces professionnels ou amateurs passionnés seront très heureux de vous accueillir pour vous faire découvrir le monde des abeilles. Pour moi, à peine entré dans la boutique, l’apicultrice locale m’harponna dare-dare pour me faire voyager dans la vie ces hyménoptères. En bon élève j’ai ouvert mon carnet de note et j’ai écouté sa voix suave.

L’apicultrice possède une quarantaine de ruches et les abeilles produisent un miel de qualité loin de toute source de pollution. Si vous avez la chance de pouvoir y faire un tour, allez y vite la saison du miel va se terminer bientôt. Si vous désirez en savoir plus sur les abeilles et le miel voilà une piqure de rappel. Bonne lecture ! (information récolté bio)

Aujourd’hui ce sont des abeilles « domestiques » qui vivent dans les ruches construites par l’homme pour le miel. Attention tout ce qui bourdonne n’est pas une abeille ! Les apiculteurs utilisent des vareuses pour se protéger des essaims d’abeilles. Un essaim peut aller jusqu’à 80 000 abeilles et produire 20 à 30 kilos de miel. L’utilisation de la fumée calme toutes ces petites bêtes qui s’affairent dans des rayons à l’intérieur des ruches. Un rayon peut contenir jusqu’à deux kilos de miel. Au centre de la ruche, de la taille d’une balle de tennis, il y a ce qu’on appelle le « couvain », la pouponnière, l’endroit où les larves vont se transformer en futures abeilles. Puis autour de celui-ci, le garde-manger avec les réserves de pollen. Puis un peu plus loin les réserves de nectar. DSC05839La taille de l’alvéole varie en fonction du rayon, plus on s’approche des extrémités des ruches plus les alvéoles sont petites. Les rayons des extrémités sont remplis de miel de réserve. Pourquoi me direz-vous ? Pour protéger les larves du froid en hiver. Cela nous arrange également puisqu’on ne prendra que les rayons des extrémités pour en extraire le miel doré tant attendu.

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Les abeilles produisent leurs propres cires. Elles ont sur leur abdomen des glandes cirières et lorsqu’elles sont âgées de 15 jours elles produisent de la cire. Pour les aider, les apiculteurs développent des ancrages afin d’accélérer la confection des alvéoles et ainsi hâter la production de miel.

 

 

La reine est l’abeille la plus importante dans la ruche. Pourtant sa vie n’est pas drôle, une semaine après sa naissance elle s’accouple en vol avec une dizaine de mâles. De retour à la ruche elle pondra 2000 œufs par jour sans sortir soit 1 œuf toute les minutes. Trois jours après la ponte, l’œuf éclos pour donner une larve. En une semaine, elle se métamorphose en nymphe puis grandit et après trois semaines elle devient une abeille. Les mâles occupent de grosses alvéoles car ils sont plus massifs que les femelles. Ils ont plutôt une vie facile, ils ne travaillent pas, ils ont juste à féconder les reines des ruches voisines…trop cool. A l’automne, ça se complique pour eux car comme ils ne servent à rien les ouvrières vont les chasser de la ruche et ils iront mourir de froid et de faim un peu plus loin. Les ouvrières sont uniquement des femelles et ce sont elles qui sont capables de piquer, les mâles étant dépourvus de dard. Les abeilles changent de métiers plusieurs fois dans leur vie. D’abord elles alimentent en gelée royale les larves.DSC05898 Elles la fabriquent elles-mêmes pendant trois jours, avec une bouillie faite de pollen et de nectar. Si la reine vient à disparaître, il faut la remplacer vite, par conséquent le régime de la gelée royale sera prolongée pendant une dizaine de jour. C’est le signal pour les larves de se développer en reines sinon elles restent ouvrières. A partir du 10e jour, elles fabriquent de la cire et deviennent des Bâtisseuses puis elles changent encore de métier et se transforment en Magasinières. Leur but est de récupérer le nectar que leur apportent les butineuses et elles vont le stocker dans les alvéoles. Ce sont elles qui fabriquent le miel ou plutôt du « Vomi d’abeille ». Puis à partir du 21e jour elles deviennent des Butineuses. Elles s’envolent pour récolter le nectar et le pollen.

Un trafic aérien excellent

Les abeilles sont très réglementées au niveau du vol. Et bizarrement ne s’entrechoquent que très rarement. « Tour de contrôle à abeille bzzzzz veuillez dévier votre trajectoire bzzzzz ! » Les abeilles s’orientent par rapport au soleil et des repaires au sol mais il semblerait également qu’elles puissent ressentir les champs magnétiques terrestres.  Cependant si on déplace la ruche d’un mètre, les butineuses sont perdues et meurent. Mauvaise marque de GPS me direz vous ! Une fois qu’elles ont trouvé l’adresse d’un bon restaurant elles forment des 8 en l’air dans sa direction par rapport au soleil pour communiquer l’endroit aux collègues.

Les apiculteurs ne déplacent les ruches que le soir venu quand les abeilles sont toutes rentrées. Les ruchers sont déplacés selon la production souhaitée suivant la saison et la floraison. Miel de fleurs, des sapins, de rhododendrons, de tilleuls…etc vous pouvez identifier les pots de miel selon la couleur jaune clair au brun très foncé et à leur texture. Les abeilles sont attirées par les parfums et les couleurs des fleurs qui les nourrissent et les pollens sont en quelque sorte les protéines. Le nectar est composé principalement de saccharose. Les abeilles devront découper cette macromolécule (assemblage de glucose et de fructose) grâce à leur salive qui contient une enzyme spécifique puis elles recracheront ce mélange dans les alvéoles. Vient ensuite le rôle des ventileuses, le taux d’humidité du miel est trop élevé, en conséquence elles activent la climatisation (elles agitent leurs ailes) et ce jusqu’à diminuer le taux à moins de 20 %. Une fois le travail fini elles ferment l’alvéole en construisant un opercule pour conserver le miel.

Comment fait-on pour récupérer le miel ?

Centrifugeuse

Centrifugeuse

Tout d’abord on enlève l’opercule de cire recouvrant les alvéoles puis on met les rayons dans une centrifugeuse ou le miel est éjecté à l’extérieur grâce à la force centrifuge. Ce miel est ensuite séparé de la cire restante dans un filtre.

Miel

Miel brut

Filtration

Filtration

Tous deux sont récupérés, le miel pour être mangé, la cire pour être réutilisée par les abeilles l’année suivante. Attention les abeilles ça pique, ne vous approchez pas des ruches ! Cela n’a pas d’importance pour une piqûre à moins que vous ne soyez allergique mais après de multiples piqûres votre tension artérielle peut diminuer fortement et provoquer un malaise.

Pour se protéger du froid et du vent les abeilles comblent les trous des ruches avec de la Propolis, sorte de substance marron que les abeilles récoltent sur les arbres. Elle peut être récupérée par les apiculteurs et elle a valeur de médicaments naturels puisqu’elle est utilisée comme antifongique et antibactérien naturel. C’est un bon remède contre les maladies à l’entrée de l’hiver. Alors qu’attendez-vous pour en faire une cure ?

Remarque : La médecine antique et actuelle utilise les propriétés du miel pour cicatriser les plaies. Il est antiseptique, anti-inflammatoire, cicatrisant… Le miel a toujours été prisé pour ses vertus curatives. En Grèce on offrait au dieu de l’olympe un mélange de lait et de miel, quand aux égyptiens et aux hébreux ils ont très vite utilisé le miel pour embaumer leurs morts. N’ayant pas référencé tous les miels existant, je vous laisse en compagnie de ces apiculteurs qui sauront vous faire découvrir les goûts des différents miels et vous rendre heureux !

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