Miel d’Aure de la noire des Pyrénées

Un rucher au Ticot

Du métier d’apiculteur, je ne connaissais que les difficultés auxquelles cette profession est confrontée avec la disparition progressive des abeilles, principalement causée par l’utilisation intensive de pesticides. En rencontrant Julien VERNARDET, qui exploite la miellerie d’Aure depuis 2012, j’ai découvert un homme passionné et un univers fascinant, celui du miel d’Aure de l’abeille noire des Pyrénées.

L’abeille noire des Pyrénées

En installant sa ferme apicole dans le petit village de montagne d’Aragnouet, situé en vallée d’Aure, Julien VERNARDET a fait le choix de se lancer dans la production biologique de miels de montagne. Pour ce faire, il s’est délibérément acoquiné avec  les abeilles noires des Pyrénées. Espèce endémique et plus résistante certes mais plus sauvage, plus agressive et moins productive. Délaissées par une grande majorité d’apiculteurs lui préférant des espèces plus productives, les abeilles noires ne représentent désormais que 10% de la population des abeilles mellifères en France.

Surveillance régulière des ruches

Surveillance régulière des ruches

Des pratiques naturelles dans un environnement préservé

Réticent au phénomène du « bio » mis à toutes les sauces, j’étais plutôt réservé quant à  l’intérêt de produire un tel miel. J’avais tort. Julien m’a expliqué que pour préserver ses butineuses des parasites (dont le bien-nommé « varroa destructor ») et autres maladies, il avait renoncé aux antibiotiques et autres produits chimiques pour n’employer que des acides organiques. Il a également veillé à installer ses ruchers dans des endroits où les abeilles font leur marché de nectar en butinant une flore sauvage encore préservée. Ces choix lui ont permis d’obtenir la certification « Agriculture Biologique », qui fait l’objet d’au moins un contrôle par an, et d’être labellisé « Esprit Parc national ».

La ruche, un univers fascinant

La miellerie d’Aure compte 200 ruches disséminées entre le village d’Izaux, situé à 700 m d’altitude, et Cap de Long, situé à 2200 mètres. Chaque ruche est un univers fascinant. La température ambiante d’une ruche doit toujours être maintenue entre 35 et 37°. Uniquement chauffée par le battement d’ailes des abeilles, je comprends mieux pourquoi une ruche peut héberger plus de 60 000 abeilles. Les abeilles ne se nourrissent que de miel et de pollen. Julien veille donc à ce qu’elles disposent toujours d’une réserve de miel suffisante et limite volontairement sa récolte de pollen, déposé par les butineuses à chacun de leur passage dans une trappe installée à l’entrée de la ruche. Enfin, pour lutter contre les maladies, les abeilles recouvrent l’intérieur de leur ruche de propolis. Antibiotique naturel qu’elles butinent sur les bourgeons de certains arbres.

Lutter contre l’essaimage 

Au printemps, l’apiculteur doit faire face aux velléités d’indépendance de la reine et d’une partie des abeilles de créer une nouvelle colonie. Julien anticipe cet essaimage naturel afin de ne pas voir ses précieuses butineuses se volatiliser dans la nature. Pour ce faire, il installe la reine et une partie des abeilles dans une nouvelle ruche. Une nouvelle reine prend alors naturellement sa place dans l’ancienne ruche.

Un rucher recouvert de neige

Un rucher recouvert de neige. Crédit photo la miellerie d’Aure.

Transhumance des abeilles

Apiculteur de montagne, les conditions climatiques hivernales contraignent Julien à opérer la transhumance de ses ruches d’altitude. Il les monte aux estives au  printemps et les redescend à la fin de la période estivale. Cette transhumance s’effectue de nuit, seul moment où les abeilles s’octroient un peu de repos. Autre contrainte : la neige. Il n’est pas rare qu’en hiver, certains ruchers soient recouverts de neige. Les abeilles n’hibernant pas, Julien doit alors assurer le service de déneigement, parfois en raquettes, pour garantir leur survie.

A chaque saison son miel

Pour moi, autant dire pour 95% de la population, du miel … c’est du miel. Grave erreur. Le goût du miel varie selon les saisons et le bon vouloir de Dame Nature. C’est là où le lieu d’implantation des ruchers est essentiel. En basse vallée, le goût du miel aura une dominante de châtaignier, d’acacias ou de tilleul. En haute vallée, prédomineront le rhododendron, le framboisier sauvage ou la callune ( « bruyère » pyrénéenne). Le goût du miel varie donc en fonction du moment de la récolte et de l’éclosion de la flore environnante.

Une production volontairement limitée

Compte tenu de la demande, Julien pourrait facilement doubler sa production de miels de montagne. Il la limite toutefois annuellement à 20 kg par rucher (qui comprend environ 25 ruches) soit près de 4 tonnes. Il l’explique par le temps qu’il consacre à ses ruches et sa volonté de préserver la qualité de son nectar. La récolte du miel s’effectue au printemps, à l’été et à l’automne. Julien récupère les cadres, gorgés de miel, dans les hausses et les place dans une centrifugeuse. Il en extrait ensuite le nectar à froid afin d’éviter toute altération de son caractère naturel.

Miels de montagne, aromiels, propolis et pollens

La production biologique de la meillerie d’Aure comprend une grande variété de miels, d’aromiels, de pollens et de propolis et je vous invite vivement à rencontrer cet apiculteur singulier. Julien est présent sur le marché de Saint-Lary Soulan, tous les samedis matin. Vous pouvez également aller visiter sa ferme apicole, située à proximité de la mairie d’Aragnouet, ou découvrir ses produits à la Maison du Patrimoine de Saint-Lary Soulan.  Pour de plus amples renseignements, consultez son site  www.mielleriedaure.fr.

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