La « sylvothérapie » ou l’art de communier avec les arbres

Sylvothérapie

Le printemps est une saison propice pour se fondre dans la nature et profiter de ses bienfaits. Les randonnées printanières en montagne sont l’opportunité de jouir d’un espace naturel préservé et de s’y ressourcer. Flâner sur les sentiers. Prendre le temps d’observer le bourgeonnement et la floraison des plantes. Se laisser bercer par le chant des oiseaux. Si toutes ces sensations vous sont familières, laissez-vous tenter par la sylvothérapie. Cet art de communier avec les arbres est une invitation à vous reconnecter à la nature.

La sylvothérapie, pratique ancestrale aux vertus « curatives »

Le recours à cette « médecine verte » n’est pas nouveau. De l’antiquité au Moyen-Âge, différents écrits attestent des vertus curatives attribuées aux arbres. De façon plus générale, les promenades dans des environnements forestiers ont toujours été louées pour leurs bienfaits sur la santé. Déjà intégré dans les préconisations d’une bonne hygiène de vie au Japon dès 1982, Georges Plaisance est le premier en France à évoquer ces bienfaits dans son livre « Forêt et santé » publié en 1985. La sylvothérapie en tant que discipline est officiellement créée en 2012 par le Docteur Qing Li. A ce stade de l’article, je me dois de vous préciser que cette « médecine verte » englobe différentes hypothèses sur les effets bénéfiques sur la santé dont certaines font l’objet de vives critiques. Nous nous bornerons donc à aborder cette pratique naturopathique sous son aspect le plus ludique, principalement relaxant et tranquillisant.

Les bienfaits du « bain de forêt » sur votre santé

Le simple fait d’aller se promener sur des sentiers boisés pour s’oxygéner et prendre de la distance avec son quotidien peut déjà être salvateur. Ces « bains de forêt », très prisés des japonais, peuvent même s’apparenter à une véritable promenade de santé. L’Agence responsable des forêts au Japon a montré que le sang de personnes ayant marché dans les bois contient un taux de cortisol, l’hormone du stress, beaucoup plus bas que celui de personnes ayant couvert la même distance en ville. En mobilisant tous vos sens, cette simple promenade peut se transformer en séance de méditation et de relaxation.

Le « Tree hugging », une des pratiques de la sylvothérapie

L’une des pratiques de la sylvothérapie, dite « Tree hugging », consiste à enlacer un arbre. Je conçois que la simple perspective de « câliner un arbre » peut provoquer une certaine réticence chez les profanes ou les plus récalcitrants. Détendez-vous. Sachez notamment que, dans un premier temps, le simple fait de s’adosser à un arbre peut constituer la première étape de votre apprentissage. Allez jusqu’à choisir un arbre un peu isolé pour vous mettre en confiance. Une fois que vous serez prêts à passer à l’étape de l’enlacement, prenez le temps de bien choisir votre arbre. Pour que cette expérience vous soit pleinement profitable, il faut que tous vos sens soient en éveil. Dans l’absolu, une séance de « Tree hugging » est réussie lorsque vous finissez par éprouver la sensation que c’est l’arbre qui vous enlace. Je vous accorde que cela peut nécessiter de renouveler plusieurs fois l’expérience.

Pour aller plus loin …

Au-delà du désormais très médiatique « Tree hugging », de nombreuses publications et sites internet abordent les différentes pratiques utilisées dans la sylvothérapie. Sachez notamment qu’en 2020, l’association japonaise « Forest Therapy Society » a certifié 65 bases de thérapie forestières. Les promenades dans les milieux forestiers sont aussi l’occasion de partir à la recherche de jeunes feuilles, fruits, champignons, écorces et graines comestibles. La consommation de la sève de certains arbres (bouleau, …) contribuant même à stimuler nos défenses naturelles. Une chose est certaine, que vous soyez ou non convaincus par ces pratiques, une bonne promenade sur un sentier de montagne entourée d’arbres ne pourra vous être que bénéfique.

Restez vigilant

Si ces excursions en forêt ont un effet relaxant, différentes publications font toutefois mention de certains risques. Le tronc de certains arbres contiennent des allergènes. Les personnes allergiques doivent donc éviter certains comportements. Sans être exhaustif, enlacer un chêne ou un charme est à éviter. Leur écorce peut héberger une frullania, mousse qui provoque de fortes démangeaisons. Bien que l’envie d’adopter une chenille processionnaire comme animal de compagnie puisse se comprendre, sachez que son corps est couvert de petites cavités dans lesquelles se trouvent d’innombrables et minuscules soies ou “poils” urticants. Pour que votre immersion dans la nature soit pleinement réussie, demeurez simplement vigilant.

 

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