Les raquettes : l’autre sport d’hiver à la portée de tous !

Par 27 mars 2014 décembre 23rd, 2016 La douce, Nature/environnement, Randonnée, Scoop.it

Les sports d’hiver à Saint-Lary, c’est cette fameuse semaine de vacances qu’on a planifiée de longue date et qu’on attend impatiemment depuis un an ! Six grandes journées à ski ou sur son snow pour profiter au maximum des belles pistes damées de la station… ou pas.

Car pour ceux qui n’ont pas la condition physique ou l’envie de skier chaque jour, les séjours en montagne offrent de nombreuses autres possibilités de loisirs hivernaux.

Seul, en famille ou entre amis, la découverte de la Vallée d’Aure en raquettes, accompagné d’un professionnel de montagne, réserve par exemple de magnifiques moments dans une ambiance plus conviviale et intimiste.

Entre deux journées de ski donc, mes jambes de quarantenaire et moi nous sommes inscrits auprès de l’Office des Sports (consultez la liste des professionnels) pour une sortie raquettes en demi-journée avec un goûter en auberge de montagne.

Nico, notre guide, est arrivé avec sa bonne humeur et ses paires de raquettes. Après les présentations, il a jaugé par quelques questions simples le niveau du groupe (nous sommes cinq) pour décider quel endroit sympa il allait nous faire découvrir.

Notre destination ? Le Cortail de Prat.

Depuis le parking, près de l’ancienne douane, nous tournons le dos aux falaises du Campbieil pour suivre le discret torrent. Après avoir franchi une petite passerelle métallique, les pentes deviennent plus prononcées. Nico en profite pour poursuivre notre apprentissage de la pratique des raquettes, très simple au demeurant, et développer plusieurs thèmes de discussion, afin d’assurer les pauses nécessaires à notre récupération.

C’est une des richesses de cette prestation : les connaissances des guides sont variées et leur permettent d’aborder tous les sujets comme l’histoire (et les petites les histoires locales), le patrimoine, la faune, la flore, la géologie ou la nivologie (étude des caractéristiques de la neige).

Le sentier rejoint un chemin forestier plus important, offrant un horizon plus vaste vers l’ouest, de Piau-Engaly à la crête de Traouès. Nous progressons alors sur une pente plus douce, avec l’espoir de croiser des chiens de traîneau, sans succès. Puis nous accédons au magnifique plateau que constitue le Cortail de Prat, surplombé par ces crêtes qu’ont déjà lézardé quelques skieurs de rando. Devant nous, la petite cabane (le « cortail » de « prat » signifie la cabane dans le pré) restera petite puisque nous n’irons pas jusqu’à elle.

Nous bifurquons à droite dans les traces de Nico qui quitte le sentier pour débuter la traversée du plateau, immaculé. C’est une impression très agréable de nous sentir seuls dans ces grands espaces vierges de toute autre présence humaine !

Nous atteignons la lisière et pénétrons sous les ombres des grands sapins. Des isards ont passé la nuit au pied de l’un d’eux, y laissant des traces que Nico nous décrypte.

Nous débutons ensuite une descente sinueuse dans les sapins sur ce qui, chaque été, est un sentier de chasseurs. Nous apercevons d’ailleurs dans un sapin une palombière perchée à une vingtaine de mètres au-dessus de nos têtes. La pente s’accentue.

C’est l’occasion pour Nico de nous initier à une technique développée depuis des siècles, mais dont le nom a été déposé depuis peu : le culing. Je ne vais pas vous proposer une étude étymologique approfondie de cet anglicisme, car vous aurez sans doute saisi le concept qui consiste à poser sur la neige une partie du corps particulièrement adaptée pour abaisser son centre de gravité et se prémunir de toute chute en arrière… Le culing, c’est descendre en luge sans luge.

Revenons à nos raquettes.

Après cette escapade en sous-bois, théâtre de quelques mises en pratiques plus ou moins volontaires de la fameuse technique susnommée, nous reprenons le chemin du retour. Nous avons alors la chance d’observer une avalanche sur les falaises qui nous font face : un grondement sourd, suivi d’un imposant nuage blanc. Saisissant spectacle.

Nous rejoignons le parking alors que les rayons du soleil se font plus rasants et colorent les cimes.

Enfin, point d’orgue de cette sortie, nous dégustons ensemble une tarte aux myrtilles accompagnée d’un vin chaud ou d’un chocolat chaud, pour conclure en beauté. Nous repartons chacun de notre côté, forts du souvenir de magnifiques paysages et de belles rencontres.

Je connais plus ou moins la Vallée d’Aure, puisque j’en arpente les secteurs balisés depuis des années, mais faire appel à un guide permet tout simplement de sortir des sentiers battus, d’apprendre la montagne et comprendre la vie de ses populations, de façon ludique et conviviale. Et si la station de Saint-Lary ferme le 6 avril, la pratique des raquettes peut se prolonger au printemps, avec un accompagnateur évidemment.

Les raquettes, c’est de la balle ! (je sais, j’aurais dû faire du culing pour éviter cette piètre chute…)

 

Nous atteignons un chemin forestier qui nous offre un magnifique panorama.

Nous atteignons un chemin forestier qui nous offre un magnifique panorama.

La vallée de Badet et Piau-Engaly sous les falaises du Campbieil  (3173m) et du pic Méchant (2944m)

La vallée de Badet et Piau-Engaly sous les falaises du Campbieil (3173m) et du pic Méchant (2944m)

Quiétude sur le plateau

Quiétude sur le plateau

Le plateau dominé par le pic d'Augas (2213m) et le pic de Cuneille (2628m)

Le plateau dominé par le pic d’Augas (2213m) et le pic de Cuneille (2628m)

Epoustouflant !

Epoustouflant !

La palombière

La palombière

Les derniers pas...

Les derniers pas…

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