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Transhumance : pratique pastorale garante de la biodiversité

Par 25 avril 2022Scoop.it

Jusqu’au milieu du 20ème siècle, l’activité pastorale constituait la principale activité économique des habitants de nombreuses vallées pyrénéennes. Avec le développement du tourisme, ce modèle économique prédominant a progressivement décliné entraînant une forte diminution du nombre des exploitations agricoles. De nos jours, la transhumance demeure une pratique indispensable à la survie de l’élevage dans nos montagnes. Elle joue également un rôle essentiel  dans la préservation de la biodiversité de notre environnement naturel.

La transhumance, une pratique essentielle à la survie des exploitations de montagne

Jusque dans les années 1950, chaque famille de la vallée d’Aure, propriétaire de terres, possédait un troupeau d’ovins et de bovins. Ces exploitations ne disposaient toutefois pas d’une superficie suffisante pour nourrir leur cheptel toute l’année. Pour contribuer à la survie de l’élevage dans les zones montagneuses, la transhumance, du latin « trans » (au-delà) et « humus » (terre), a toujours été pratiquée. En fonction des conditions climatiques, la période de migration des troupeaux vers les estives, pâturages situés  entre 1000 et 2500 m, s’étale encore aujourd’hui de la mi-mai à la mi-octobre. A l’origine sous la responsabilité du cadet de la famille, la surveillance des troupeaux est aujourd’hui confiée aux bergers. Déchargés des animaux pendant les mois d’estives, les éleveurs peuvent se consacrer à la récolte du fourrage (foin et regain) destiné à alimenter les bêtes durant l’hiver en bergerie.

Rôle essentiel de la transhumance dans l’entretien de la montagne

La transhumance joue aussi un rôle essentiel dans l’entretien de nos montagnes et la sauvegarde de la biodiversité. La pâture et le piétinement  des bêtes limitent l’apparition de friches, la fermeture des paysages et la prolifération des arbustes. Le passage des troupeaux participe également au maintien des sentiers. La diversité des espèces qui pâturent contribue à la conservation de l’équilibre du milieu naturel. Alors que les ovins sont sélectifs et préfèrent les herbes tendres et rases, les caprins acceptent tout type de végétal. Sur une même estive, la mixité ovin/bovin est recommandée. Compte tenu des conditions climatiques et de la topographie de nos montagnes, les animaux de race locale et rustique sont le plus souvent privilégiés.

Soutien des politiques publiques au maintien de l’activité pastorale

L’activité pastorale participe également au maintien de l’attractivité́ de nos territoires et des activités économiques, notamment touristiques. Dans les années 1950, la mécanisation des tâches et l’intensification des terres cultivables ont été privilégiées. Ce nouveau modèle agricole a eu un impact sur les activités agro-pastorales. Inadapté aux zones de montagne, il a rapidement nécessité la mise en place d’une politique spécifique. La loi de revalorisation pastorale de 1972 a instauré des outils de gestion des territoires pastoraux. A cette occasion, ont notamment été créés les Associations Foncières Pastorales et les Groupements Pastoraux. Des subventions européennes, régionales et départementales ont permis de restaurer ou d’aménager des équipements : cabanes et abris pastoraux, parcs de tri, … . Cette prise de conscience collective contribue encore aujourd’hui à la pérennité de l’activité pastorale dans nos montagnes.

Faire de la transhumance un atout touristique

Le développement du tourisme a nécessité de mener des actions de sensibilisation auprès du grand public. L’objectif étant de faire harmonieusement cohabiter tourisme et pastoralisme. La période de transhumance est désormais l’occasion d’organiser des manifestations festives et conviviales. Ces initiatives contribuent à la prise de conscience progressive du besoin d’adapter nos comportements au milieu naturel. Par leur présence sur le terrain, les gardes-moniteurs du Parc national des Pyrénées ont mieux fait connaître à la population touristique la richesse de la faune et de la flore de nos montagnes. Jusqu’à faire aujourd’hui de l’activité pastorale un atout touristique pour nos vallées.

Première fête de l’écotourisme à Saint-Lary Soulan

Le samedi 4 juin prochain va se dérouler la transhumance vers la vallée du Rioumajou. A cette occasion, la commune de Saint-Lary Soulan s’associe au Groupement Pastoral du Rioumajou et organise la 1ère fête de l’écotourisme à Frédancon. Ces festivités seront l’occasion d’échanges avec les éleveurs et les bergers. Des producteurs locaux et les gardes-moniteurs du Parc national des Pyrénées participeront également à cette manifestation. Ceux qui le souhaitent pourront suivre la fin de la transhumance des troupeaux. Enfin, la Maison du du Patrimoine de Saint-Lary Soulan  organisera une journée « portes ouvertes ».

 

Pour approfondir le sujet, je vous recommande la lecture de la thèse d’Anne ARAGON « La transhumance ovine dans les Pyrénées » et de l’ouvrage de Frantz PETITEAU « Autrefois en vallée d’Aure » (Témoignages et récits).

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